Association Unis Pour la France

Laissons aux Français la liberté de choisir

24 Février 2017, 09:02am

Publié par UPF

Laissons aux Français la liberté de choisir

Le diagnostic est fait et la France n’a pas besoin de dizaines de remèdes. Il suffit de laisser faire ceux qui connaissent le fonctionnement de l’économie.

A l’approche des élections, en reprenant la célèbre formule de François Hollande de 2012, plusieurs émissions dans les médias sont consacrées au programme que mettraient en place leurs invités. Politiques, économistes, spécialistes se relayent pour énumérer les mesures politiques et économiques dont la France aurait besoin. A l’occasion de la sortie de notre livre, j’ai été aussi invité à diverses émissions et j’ai pu présenter notre approche qui est assez différente des autres. Le constat est, bien entendu, pratiquement le même. La situation économique de la France est très mauvaise et il faut agir. Néanmoins, on sait très bien qu’il n’est pas facile de réformer le pays. D’un côté, les syndicats, les corporatismes et les fonctionnaires, de l’autre, le manque de volonté des politiques. Pour l’IREF, la solution consiste en la liberté de choix accordée aux Français. A eux de décider ce qui leur convient le mieux.

Chaque Français a une « dette » de 35 345 euros !

Le nouveau rapport Pébereau qui vient de sortir ne fait que confirmer une situation qu’on sait catastrophique. En 2005, lors du précédent Rapport, la dette publique était à 67 % du PIB. Aujourd’hui, elle représente 97.6 % du PIB ou 2 150 Mds d’euros. C’est-à-dire 34 345 euros/habitant. Et ce chiffre ne tient pas compte des retraites non-provisionnées des fonctionnaires : 50 Mds d’euros par an ! Rappelons que pour 1 euro de cotisations retraite versées par les fonctionnaires, l’Etat (les contribuables) en verse 9 !

Les dépenses publiques représentent 57 % du PIB, dix points de plus que la moyenne européenne, et le déficit public représente 70Mds d’euros en 2016. En fait, les recettes de l’Etat de l’Etat ne couvrent que 80% de ses dépenses. De même, les dépenses sociales sont à 33 % du PIB contre 22 % en moyenne dans la zone euro. Et portant, les prélèvements obligatoires atteignent des records : 45.7 % contre 36 % en Allemagne par exemple.

Comme en 2005, le rapport Pébereau propose plusieurs solutions : « réviser le périmètre d’intervention de l’Etat », « revoir la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite sans décote ». Pour l’assurance-chômage, il est recommandé de « jouer des leviers que sont la durée d’indemnisation ou le plafonnement des taux de remplacement des allocations »… C’est paramétrique et du « déjà vu ». Et quand on se souvient que le précédent rapport n’a débouché sur rien de concret, on peut douter des suites données à ce rapport qui se rajoute d’ailleurs à des dizaines d’autres réalisés par la Cour des Comptes, l’Assemblée, le Sénat, etc…

Il faut mettre l’Etat en concurrence

En fait, il ne faut pas empiler les mesures et les réformes. Il faut d’abord supprimer le monopole de l’Etat en le soumettant aux mêmes exigences que les entreprises. Mettons-le en concurrence ! Les services publics doivent être ouverts à la compétition. Laissons aux Français la liberté de choisir l’école pour leurs enfants, accordons-leur le droit de prendre l’assurance chômage qui leur convient et la couverture santé qui leur paraît la plus intéressante. Donnons-leur la possibilité de cotiser pour un compte retraite en fonction de leurs moyens tout en les assurant que l’Etat ne va pas leur confisquer les avoirs. Encourageons l’initiative privée dans le domaine social, libérons le logement en privatisant le secteur HLM. Il va de soi que la réforme fiscale est inévitable et pour cela il faudra vraiment agir en transformant le système terriblement progressif et confiscatoire en une fiscalité proportionnelle et juste. Tous les Français doivent payer un impôt, même symbolique. Il faudra supprimer les centaines de niches fiscales et sociales qui transforment les gens en profiteurs d’un système qui les oppresse en même temps.

Il ne s’agit pas là des vœux utopiques, du « wishful thinking ». Cela a été fait dans d’autres pays : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, l’Autriche, le Royaume-Uni l’ont fait…. Pourquoi pas nous ? En fait, « Moi Président je ferai le moins possible et je laisserai faire les Français ». Ca devrait être la devise d’un candidat qui souhaite vraiment que la France change.

 Nicolas Lecaussin pour IREF

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