Association Unis Pour la France

Quinquennat Hollande : L’état des lieux...

24 Février 2017, 10:51am

Publié par UPF

Quinquennat Hollande : L’état des lieux...

Si on analyse le quinquennat Hollande sous un certain angle, on entre en désaccord avec le titre du livre de M. Eric Zemmour, « Un quinquennat pour rien ».

La politique menée par la gauche depuis 2012 va, au contraire, laisser un nombre incroyable de séquelles non seulement dans la classe politique, mais également dans notre cher système démocratique. Autrement dit, les résultats sont au rendez-vous mais sont loin d’être ceux auxquels les électeurs, quelles que soient leurs convictions, étaient en droit de s’attendre...

Un quinquennat clivant :
Qu’il s’agisse du « mariage pour tous », de l’écologie, de la « loi travail », tous ces sujets ont donné lieu à des confrontations, parfois musclées, au sein de l’électorat et à des manifestations avec les nombreux débordements que nous ne pouvons oublier. Encore une fois, nous constatons que les projets menés par cette Gauche le sont maladroitement, et que même si sur le fond des choses doivent évoluer, c’est bien ici la méthodologie et la forme qui sont condamnables. 

Gardons aussi en mémoire les blocages de raffineries ou de dépôts de carburants et les difficultés d’approvisionnement auxquelles nos concitoyens ont dû faire face pendant le long conflit social du printemps 2016, et dans lequel le gouvernement s’est pitoyablement empêtré.
A l’inverse de rassembler les Français et d’encourager la cohésion pour construire la société de demain, tout semble fait pour provoquer le division... 

Des échecs cuisants et coûteux pour nous tous :
S’il faut retenir un exemple flagrant, c’est bien l’opération ECOTAXE. Ce projet qui comportait des éléments pour remédier en partie à une trop grande fréquentation de nos axes routiers par les poids lourds, tout en contribuant au financement des infrastructures routières, a finalement été avorté et laisse une « ardoise » non négligeable, étant donné l’avancement aveugle et irresponsable du projet en matière d’équipements (portiques) et de structures (opérateurs de gestion de l’écotaxe). Manifestations et blocages routiers ont eu raison du gouvernement qui, dans le renoncement, a finalement préféré augmenter la taxe sur les carburants pour les transporteurs mais également pour les automobilistes ! Ce point a été reconnu par Ségolène Royale, elle-même, devant les micros de certains médias. 

Une fiscalité dissuasive pour les entreprises :
Même si les taux d’imposition en France sont des « casseroles » que l’on traîne depuis des décennies, force est de constater que la Gauche n’a rien fait pour y remédier, aggravant même certaines situations. 
Alors que bon nombre d’économistes s’accordent sur le fait que notre pays encourage nullement les investisseurs d’une part, et condamne à l’exil entrepreneurial d’autre part, on déplore un enlisement perpétuel dans ce contexte économique dévastateur pour nos emplois, sans que des mesures pourtant urgentes ne soient prises.

Le matraquage des contribuables : 
Le constat concernant l’imposition des contribuables est quant à lui différent mais accablant.
Après un abaissement conséquent du plafond de l’exonération en matière de successions, l’extension de la CSG aux contrats d’assurance-vie avec effet rétroactif, il faut le souligner et piégeant ainsi les épargnants, l’augmentation de frais et taxes à différents niveaux, la poursuite de la baisse des budgets alloués aux départements qui se traduit par une augmentation de nos impôts locaux, etc…, toutes ces charges supplémentaires pesant sur les contribuables seront loin d’être compensées par quelques « bidouillages fiscaux » et montages financiers dignes d’escrocs les plus chevronnés.

Une Education Nationale en perdition :
Le corps enseignant éprouve de plus en plus de difficultés à exercer sa mission bien qu’elle soit primordiale pour notre proche avenir. Ces fonctionnaires, bien que faisant preuve jusque là d’une certaine abnégation, sont confrontés à des élèves en perte de repères et à des parents fuyant leurs responsabilités et confondant enseignement et éducation, sujets complémentaires mais n’incombant pas aux mêmes personnes.
Dans les établissements scolaires, les enseignants ne sont pas suffisamment soutenus par leur hiérarchie d’une part, et se sentent totalement abandonnés par leur Ministère d’autre part. Comment, dans ce cas, pourraient-ils faire face efficacement aux situations conflictuelles qui se présentent à eux quotidiennement ?
La Ministre de l’éducation, Madame Vallaud-Belkacem, s’est pourtant récemment targuée d’être issue d’un milieu social n’ayant pas facilité son parcours éducatif et professionnel… Mémoire courte ou incompétence flagrante ?
Ajoutons à cela des programmes scolaires et des systèmes d’évaluation amenant un nivellement par le bas, alors que nos chères « têtes blondes » vont être confrontées à une sélection impitoyable, lors de leur entrée future sur le marché du travail.

Fractures sociales et culturelles : 
Ces termes, bien souvent utilisés pour qualifier l’équilibre fragilisé de notre société, demeurent malheureusement à l’état de mots, éléments de construction d’un argumentaire politique qui ne débouche sur aucune concrétisation et pire encore, démontre un immobilisme et un renoncement. N’y aurait-il pas un intérêt caché, pour la Gauche en place, à maintenir ce climat ? 
On le sait, le fond du porte-monnaie de l’électeur, une certaine convoitise et souvent une envie à l’encontre des gens plus aisés financièrement priment souvent sur les analyses objectives lors des votes. 

Un gaspillage de fonds publics :
Des subventions, financements, aides ont été distribués à tours de bras, soit dans un but de clientélisme, soit à des fins d’apaisement de tensions sociales, ou encore pour protéger certaines communautés, soit dans le cadre de « copinages ou renvois d’ascenseur », mais les moyens de contrôler que ces financements publics étaient d’une part bien justifiés et, d’autre part utilisés à bon escient, ne semblent pas avoir vu le jour, à en croire le dernier rapport de la Cour des Comptes. La récolte de ces milliards d’euros semés risque fort d’être décevante et, cette fois, les conditions météorologiques n’y seront pour rien.
La semeuse présente sur nos anciennes pièces de monnaie doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe...

Une fusion des régions controversée :
Un redécoupage du territoire métropolitain incluant le regroupement de régions a fait grand bruit, et nécessité une dépense d’énergie et de moyens financiers dont l’intérêt non vraiment démontré laisse perplexe…

Quand on considère le millefeuille administratif français, que l’on voit ce qui se passe, à une échelle territoriale moindre, avec les intercommunalités et leurs casse-têtes induits pour certains élus locaux, sans parler des postes de gestion redondants mais bien souvent maintenus, on se demande bien quelle mouche a piqué le gouvernement.

Ces regroupements de régions vont-ils véritablement se traduire par des économies et une simplification administrative ? Nous sommes en droit d’en douter, ne serait-ce qu’au vu de certaines complexités administratives dans les simples préfectures départementales…

Par ailleurs, dans un contexte contraignant d’une Europe ressentie comme une aliénation de notre identité nationale, et alors que les individus, par instinct, revendiquent leur caractère identitaire régional, ces manipulations territoriales accroissent le sentiment de frustration.

Des Français en rupture avec la politique et une démocratie bafouée : 
L’usage du 49.3 par le Premier Ministre dans le cadre de la « loi travail » demeure un élément probant dans le constat que la Gauche a été incapable de mener le débat démocratique à son terme, alors qu’il s’agissait d’un sujet ô combien sensible syndicalement et potentiellement impactant économiquement. Pour mémoire, signalons que le ministre ayant le plus souvent usé de l’article 49.3, dans l’histoire de la Vème République, est M. Michel Rocard, ministre lui aussi d’un gouvernement socialiste. 

Comment ne pas comprendre la désaffection galopante des Français pour la politique en général ? Avec le sentiment de ne pas être écoutés, et encore moins entendus, un bon nombre de nos concitoyens se retranchent désormais dans un mutisme électoral... On déplore d’ailleurs que ce phénomène s’étende jusqu’à des élections municipales, malgré des enjeux uniquement locaux.

La Gauche s’accroche au bastingage :
Sur le navire en perdition ils n’ont pas trouvé mieux, comme bouée de sauvetage, que d’agiter le spectre de Marine Le Pen. Or, il est bien connu qu’en incapacité de proposer des projets politiques sérieux et constructifs, le dénigrement systématique de l’adversaire constitue l’ultime recours… Quel beau programme ! 

De plus, en diversifiant l’offre (et nous pouvons ici établir un parallèle avec les paquets de lessive présentés dans les rayons de nos supermarchés), avec des candidats tels que Hamon et Macron qui sortent de la même cuve socialiste, mais auxquels des emballages différents ont été subtilement apportés, la Gauche use d’un stratagème qui doit être dénoncé. Tout ceci n’est qu’un leurre et l’élection de l’un ou de l’autre n’aurait pour effet que de reconduire la même politique dévastatrice dans un nouveau quinquennat.

Ce bilan étant, nous le pensons, suffisamment calamiteux comme cela, nous passerons sous silence les promesses de campagne non tenues, mais aussi les points de politique occultés lors de cette même campagne, et appliqués malgré des opinions défavorables qui auraient pu être exprimées dans les urnes en amont. 

Exprimons-nous... Le moment de choisir une nouvelle orientation politique est venu. 
Le verdict des urnes tombera bientôt et la sentence pourra être prononcée.

Hervé Dejoux

 

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