Association Unis Pour la France

CENSURA - Moderatus cantabile

2 Mars 2017, 17:51pm

Publié par Frances

Limitation arbitraire, doctrinale, préventive, répressive ou judiciaire de liberté d’expression Autorégulation abusive et continu des utilisateurs. Vous êtes invités à vous autocensurer sur Facebook, surtout si vous êtes un « Influenceur » avec un grand réseau d’amis.
Pourquoi ? A défaut, des modérateurs le feront pour vous. Qui sont-ils ?

 

POURQUOI ?
Des équipes sont chargées de vérifier les contenus signalés par d’autres utilisateurs. Leur travail est de confirmer un signalement en supprimant le contenu incriminé, de l’infirmer en le laissant en ligne, soit encore, dans les cas plus complexes ou plus graves, de le transmettre au niveau supérieur de modération, géré cette fois directement par les équipes de Facebook.
Les membres de ces équipes disposent, d’un guide de 17 pages, répertoriant les principaux cas de censure par grands thèmes : Sexe et nudité, usage illégal de drogues, vol vandalisme et fraude, contenus haineux, contenus choquants, etc.

Dans de nombreux cas, est indiquée, en rouge, la mention "escalade", signifiant ainsi que le contenu doit être remonté au niveau supérieur de modération. C’est notamment le cas en cas de suspicion de pornographie infantile, certaines pratiques sexuelles comme la zoophilie ou la nécrophilie, les menaces "crédibles" de vol, vandalisme ou fraude, le négationnisme ou encore les menaces proférées à l’encontre d’agents des forces de l’ordre ou de dirigeants même si celles-ci "ne sont pas crédibles", précise le guide.

 

SONT PROHIBÉS :
Le sexe et la nudité, Facebook interdit toute représentation d’un acte sexuel, même habillé. Sont également supprimés, les images des parties intimes, de même que celles de tétons féminins ou de raies des fesses. Par contre, les tétons masculins sont autorisés. Facebook proscrit également les photos d’enfants nus "capables de se tenir debout", les descriptions de viols, les photos d’allaitement si la mère est dénudée, des personnes aux toilettes ou encore les sex-toys mais seulement si ceux-ci sont présentés "dans un contexte d’activité sexuelle".
Les drogues - Facebook autorise les contenus parlant de marijuana à moins qu’il soit "évident que l’utilisateur vend/achète/fait pousser".

Les images violentes - Les contenus incitant la violence contre des êtres humains ou des animaux sont en principe proscris. 

Curieux : Facebook autorise les images de plaies profondes, de sang et même de têtes écrasées, à condition que "les intérieurs ne soient pas visibles". Les cas de menaces de suicide ou simplement "d’atteinte à soi-même" font systématiquement l’objet d’une procédure particulière, transmise aux services de Facebook.

Le harcèlement - Tout contenu comportant le nom d’une personne clairement identifiée sont supprimés, "peut-importe le contenu (positif, négatif ou neutre)", précise le guide. 
Pédophilie, Nécrophilie, Décapitation, Suicides, et Apologie du terrorisme
La Turquie, seul pays directement visé par une série de règles obligeant à faire remonter les attaques contre Kemal Attaturk, fondateur de la Turquie, les cartes du Kurdistan et les images montrant un drapeau turc en train de brûler.

Toutes ces règles de modération varient en fonction des zones géographiques et de la spécificité des équipes de modérateurs.

 

QUI SONT-ILS ?
Une modération externalisée. Une externalisation pour une modération offshore.
Qui sont les modérateurs de Facebook ? Ses membres, dans un premier temps. La majorité des contenus supprimés par Facebook ont été signalés par ses utilisateurs, grâce à la fonction «signaler cette publication».

Afin de traiter rapidement les millions de signalements journaliers, Facebook a pris le parti d’utiliser des prestataires extérieurs pour effectuer un premier tri des signalements par des modérateurs de tous horizons : Afrique, Asie, Amérique centrale
Un seul ou un million de signalements ne changent rien. Celui qui aura le plus de signalements ne sera pas examiné en priorité.

Ces prestataires sont censés faire l’objet de contrôles rigoureux. Les données et informations des utilisateurs ne doivent pas être partagées au-delà du contenu concerné et de la source du signalement. Les signalements les plus graves sont en principe traités en interne. Les décisions prises par les sous-traitants doivent faire l’objet d’audits. 
Partout, on entend dire avec désespoir : « on ne peut rien dire sur ceci ou cela, sur les homosexuels, sur les Juifs ou Israël, sur les musulmans ou l'islam, sur l'insécurité et les banlieues ».

La censure s'est à ce point diffusée dans la société démocratique que s'exprimer n'attire que critiques et réprobations, voire voie de fait et procès. Le silence est devenu paradoxalement une forme de liberté. Ne rien dire, c'est tout dire, mais, par défaut, c'est aussi se condamner à ne pas agir, alors que la lutte pour la liberté est d'abord un engagement concret.

En fin de compte, les questions qu'il serait bon d'examiner sont à mon avis celles-ci :
• Comment combattre la censure,

• Comment délégitimer ses arguments,

Comment convaincre la société que les excès de la liberté seront toujours moins graves que les dérives de la censure ?

 

Danielle Mihaera Francès


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