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Hyper Cacher : une plainte contre six ministres de Hollande

2 Mars 2017, 09:30am

Publié par UPF

Hyper Cacher : une plainte contre six ministres de Hollande

Il y a près de deux ans, Amedy Coulibaly entrait dans un magasin Hyper Cacher porte de Vincennes et prenait seize civils en otage, après avoir tué quatre personnes le jour même et une policière la veille, à Montrouge. Pour maître Axel Metzker, qui représente des victimes de ce tragique événement, ces pertes auraient pu être évitées. Sur RMC, ce mercredi, l'avocat a annoncé qu'il avait déposé une plainte mardi auprès de la Cour de justice de la République contre six ministres du gouvernement en place à cette époque.

Selon lui, le gouvernement a trop tardé à publier la photo du tueur le 9 janvier - jour de la prise d'otages - et les éléments connus sur son identité. En cause : Manuel Valls, Premier ministre d'alors, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, Christiane Taubira, garde des Sceaux, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à la tête de la Défense, et Axelle Lemaire, ministre du Numérique. Pour maître Metzker, ces agents de l'État sont coupables de « mise en danger », de « non-assistance » et de « non-dénonciation de crime », précise la radio.

Appel à témoins tardif

L'avocat indique que les ministres connaissaient l'identité d'Amedy Coulibaly dès le 8 janvier, peu après l'attaque de Montrouge. Le djihadiste, entouré de deux complices, est pointé comme le principal suspect. Mais l'ordre de diffuser son portrait n'est donné que le lendemain, à 11 h 10, par le parquet antiterroriste, déplore maître Metzker. L'appel à témoins et la photo d'Amedy Coulibaly sont finalement diffusés à 15 h 17, soit près de deux heures après le début de la prise d'otages. « Les ministres ont les informations, ils savent qu'Amedy Coulibaly est le troisième homme, et il ne se passe rien, ils attendent », assène l'avocat.

Pour lui, la diffusion de sa photo aurait pu déstabiliser l'assaillant. « Psychologiquement, quand un terroriste n'est pas traqué, il va au bout de son action », argue-t-il. Un argument partagé par un témoin de la scène, stationné devant le magasin le jour des faits et contacté par RMC. « S'il se sentait plus recherché, avec sa photo dans tous les journaux, peut-être aurait-il changé ses plans », confie l'homme de 32 ans. « Parce que là, quand il est arrivé devant l'Hyper Cacher, il était calme, serein, tout simplement parce qu'il ne se sentait pas recherché. »

« J'aurais peut-être essayé de l'arrêter »

Également interrogé par Europe 1 début janvier, le témoin déplore : « À ce moment-là, dans ma voiture, je regardais la télévision qui parlait des frères Kouachi. Je l'aurais forcément reconnu vu que j'avais la télé devant moi. J'aurais peut-être essayé de l'arrêter, de lui rentrer dedans, de hurler, de klaxonner, de l'effrayer... » L'avocat est quant à lui catégorique : « Pendant vingt-quatre heures, on a sous-estimé le risque. On a choisi l'imprudence », dénonce-t-il, avant d'ajouter que « cette photo est le symbole de la mise en danger » et qu'« il y a des comptes à rendre maintenant, aux orphelins ».

Le défendeur des victimes a ajouté qu'il comptait déposer une plainte ce mercredi auprès du parquet contre les collaborateurs des ministres concernés. Selon RMC, une commission de la Cour de justice de la République se réunira au mois de mars pour décider si la plainte à l'encontre des ministres est recevable. Pour l'avocat, ces derniers ont, à tort, pris l'information à la légère : « On ne peut pas se dire qu'on est des ministres parfaits et se sentir au-dessus de tout », lâche-t-il.

Source: lepoint.fr

 

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