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Victime d’une escroquerie sur Internet, un couple de retraités endettés veut se laisser mourir

7 Avril 2017, 09:50am

Publié par UPF

Victime d’une escroquerie sur Internet, un couple de retraités endettés veut se laisser mourir

Les arnaques sur Internet sont devenues courantes aujourd’hui. Elles sont souvent orchestrées par des réseaux parfaitement organisés. Yannick D. et sa femme, un couple de retraités de Carentoir, dans le Morbihan, en ont fait les frais. Ils sont aujourd’hui ruinés et pourchassés par les banques. Dernier espoir de Yannick : interpeller l’opinion et les candidats à la présidentielle sur son sort. Un sort partagé par de nombreuses autres victimes d’escroqueries qui mènent des Français, abandonnés de tous, à la ruine, à la mort sociale et, parfois même, au suicide.

Du trading sur la commercialisation de la montre Apple Watch

Nous sommes début 2015 : un dénommé James Lanvin, se réclamant de la société Strong Options, prend contact avec Yannick D. Alors jeune retraité (il est aujourd’hui âgé de 64 ans et sa femme de 62 ans), il a travaillé depuis l’âge de 12 ans (agriculteur d’abord, puis technicien logistique). Sa femme, aide-soignante, est également à la retraite.

 

James Lanvin lui propose d’ouvrir un compte sur le site de Strong Options, un site aujourd’hui blacklisté par les autorités françaises. Le projet : se lancer dans le « trading », c’est à dire dans les placements en bourse qui permettent parfois de rapporter gros. Imprudent, et « hypnotisé » au téléphone selon ses dires, M. D. verse alors 150 000 euros de ses fonds propres (ses économies) sur le compte du site Internet et 50 000 euros supplémentaires empruntés via un crédit à la consommation. Le but ? Spéculer sur la commercialisation de la montre « Apple Watch ». 

 

C’est le début de l’engrenage infernal. Le dénommé James Lanvin, que M. D a plusieurs fois par semaine au téléphone, l’incite à contracter d’autres prêts à la consommation auprès de différents établissements financiers. Certains ne suivent pas mais d’autres acceptent. Au total, ce sont plus de 300 000 euros qui sont investis par M. D. sur le site de Strong Options.
Ne se doutant de rien, sans doute un peu naïf et appâté par les gains promis, M. D. multiplie les « placements ». Ses mises semblent porter leurs fruits, puisque de 300 000 euros investis, le site internet lui indique après plusieurs mois qu’il a un solde de plus de 7 millions d’euros. Au moment de les retirer, (une partie en Suisse à la demande de la société, et une partie sur son compte bancaire normal), aucun argent ne rentre. Le piège se referme sur Yannick D. qui se retrouve, avec sa femme, interdit bancaire et endetté à auteur de 300 000 euros. Pire, les intérêts des crédits bancaires à la consommation faisant le reste, il est aujourd’hui endetté à hauteur de 580 000 euros.

Il a bien tenté de se rendre au prétendu siège de la société Strong Option, censé être à Londres. Sans argent, débarquant dans la capitale anglaise, celui ci se rend compte que le siège n’existe pas. Effondré, il retourne alors en France, non sans souligner « la charité et l’aide apportée » par des personnes, et notamment un hôtelier, témoin de sa dévastation devant la fausse adresse.

Malgré une plainte déposée le 15 octobre 2015 en gendarmerie de La Gacilly, le drame économique poursuit son cours. Les différentes banques chez qui il a contracté les prêts lui réclament aujourd’hui au total 10 000 euros par mois pendant 5 ans, soit au total 580 000 euros.

 

 « Nous n’avons plus rien aujourd’hui »

Une somme bien évidemment impossible à régler, pour ce couple de retraités qui gagne 2 400 euros à eux deux, et qui sont désormais, chaque mois, saisis de la quasi-totalité. « Il nous reste 300 à 400 euros par mois pour vivre » explique M. D qui nous informe également qu’il y a 4 hypothèques sur la maison dont ils sont propriétaires et qu’ils peuvent être saisis à tout moment par les banques.

« Nous n’avons plus rien aujourd’hui. Nous sommes ruinés, nous avons vendu tout ce que nous pouvions vendre ». Et l’homme, effondré et en larmes au téléphone, d’expliquer qu’ils en sont rendus avec sa femme à manger du pain sec, et des produits périmés, pour pouvoir survivre. Leur famille (ils ont des enfants et lui a des frères), modestes également, ne peuvent que parer au plus urgent mais pas leur venir en aide financièrement.

La plainte déposée à la Gendarmerie de Guer n’a toujours pas été traitée. Dans la galère jusqu’au bout, la famille D. ne peut pas s’offrir un avocat digne de ce nom pour faire accélérer les choses. L’ancien syndiqué CFTC ne peut par ailleurs ni compter sur l’aide de son ancien syndicat, ni sur les nombreuses démarches qu’il a effectué. Sollicitée, la Préfecture a renvoyé la balle au Procureur de la République qui a renvoyé la balle… à la Gendarmerie.

M. D. a bien tenté de rencontrer le député de sa circonscription, Paul Molac. Ce dernier a écouté son histoire, celle d’un homme ruiné à peine la retraite atteinte, à cause d’une mauvaise passe, de mauvais choix et d’un escroc qui ne donne aujourd’hui plus aucun signe de vie. Alors que Yannick D. explique à son député qu’il a toujours été un travailleur acharné, et ce depuis ses 12 ans, le député breton se fait glaçant : « Moi, j’ai commencé à 8 ans à ramasser les patates ».

Aujourd’hui, Yannick D. est suivi et sous traitement médicamenteux. Comme sa femme, qui « passe ses journées à pleurer » explique son époux avec dignité. Le psychiatre estimerait qu’il existe un vrai risque de suicide, qui n’est évité pour le moment que grâce à la bienveillance de ses proches et de sa famille.

C’est donc aux banques qui le harcèlent qu’il lance un appel afin de lui permettre de garder sa maison d’abord, mais aussi d’éponger une partie de ses dettes contractées suite à une escroquerie. C’est aussi aux candidats à l’élection présidentielle qu’il adresse un message fort, afin que ces derniers s’engagent à mettre tout en oeuvre pour éviter que d’autres familles se retrouvent au fond du trou, victimes d’escrocs internationaux sans scrupules.

« Mes créanciers veulent saisir le peu de biens qui nous restent. Les banques se montrent intraitables, et j’ai bien peur qu’on m’expulse de ma maison dans les semaines qui viennent. Nous serons alors, ma femme et moi, sans domicile fixe, condamnés au vagabondage et à demander l’aumône » explique-t-il dans cette lettre ouverte après avoir raconté ce drame.

« La honte me submerge en écrivant ces lignes, mais je me force à vous présenter la pitoyable situation dans laquelle je me trouve, car c’est en vous que réside notre dernier espoir de retrouver une vie décente. Je sais que vous ne serez pas insensible à mon désarroi. Je n’ai rien d’autre à vous offrir que ma gratitude pour ce que vous pourrez faire pour nous. Aujourd’hui, toute notre famille est exsangue, et n’a plus les moyens de dépenser le moindre euro. Je vous suis infiniment reconnaissant de l’aide que vous pourrez m’apporter et vous prie d’agréer l’expression de mes salutations désespérées » conclut-il, avant de mettre en garde, dans un post-scriptum : « Seront tenus pour responsables les pressions et harcèlement par les ou l’organisme qui se manifestent par toute voie de quelques nature quel soit !!! »

Nous avons cherché à joindre le service contentieux de la Caisse d’Épargne, l’agence BNP de Redon et la Banque Populaire Atlantique. Sans résultat.

Pour contacter, soutenir moralement et aider la famille D, cette famille bretonne menacée d’extinction sociale, n’hésitez pas à envoyer votre mail à contact@breizh-info.com. Nous transmettrons vos messages.

breizh-info.com

 

 

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