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Association Unis Pour la France (UPF)

Attentat au Sri Lanka : dans la presse française, décrire la réalité est toujours aussi compliqué

23 Avril 2019 , Rédigé par U.P.F Publié dans #Actualité

Attentat au Sri Lanka : dans la presse française, décrire la réalité est toujours aussi compliqué

Les victimes (des catholiques), les suspects (une organisation islamiste, selon le gouvernement), le lieu : des hôtels et puis surtout des églises.

Et comme les médias propres sur eux et de bon aloi sont peuplés de gens convenables, ils font en sorte de ne rien proférer d’inconvenant. On procède donc par périphrase pudique, comme dans l’Angleterre victorienne on parlait en chuchotant de « situation intéressante » pour évoquer une grossesse.

« Au moins 42 morts dans des explosions au Sri-Lanka » a ainsi commencé à annoncer dimanche matin l’Agence France presse sur son compte Twitter, faisant sortir de ses gonds le père Christian Vénard, habituellement, pourtant, très mesuré :

« Dites @afpfr, le jour de Pâques, ça vous arracherait la gueule d’indiquer dès le titre qu’il s’agit d’églises et de catholiques qui ont été visés ? »

Une sainte colères 2.0 qui a rencontré un très vaste écho : son cri du cœur a été retweeté près de 1500 fois, et « aimé » plus de 2500.

France info, elle, lâche le mot… mais pour aussitôt, par un salto audacieux, retourner la situation comme une chaussette :

 

« Attentats contre les chrétiens au Sri Lanka : les principales victimes étaient plutôt musulmanes, ces dernières années ».

Europe 1 cultive le flou artistique : « On retombe sur quelque-chose qui a l’air d’être communautariste » (sic). Amis de l’imprécision, du vague et de la circonlocution, bonjour, Europe 1, a décidé aujourd’hui de vous gâter !

Bien sûr, le titre n’est pas tout, mais il est censé donner en quelques-mots la quintessence du sujet. Quel organe de presse aurait osé titrer, en toute honnêteté, le jour de l’attentat de Christchurch, « Plusieurs dizaines de morts dans une fusillade en Nouvelle Zélande » sans plus de précision ? Qui se serait risqué à prétendre que cette phrase suffisait pour rendre compte de la réalité ?

Monseigneur Aupetit l’a dit a propos de Notre-Dame, on peut le répéter au sujet du Sri-Lanka. Le mot catholique n’est pas un gros mot. Ce qui est insultant pour les morts, écœurant pour les vivants, et de façon générale, grossier pour les gens que l’on prétend informer, c’est au contraire, en ces circonstances, de l’occulter.

 

Article de Gabrielle Cluzel paru sur le site bvoltaire.fr

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