Association Unis Pour la France

COMMISSAIRES DE LA MORALE

12 Avril 2017, 09:31am

Publié par Frances

COMMISSAIRES DE LA MORALE

UN RETOUR EN FORCE

François Torrès, 9 avril 2017

La révolution française avait mis en place les premiers commissaires politiques de l’histoire chargés de contrôler que les militaires ne dévient pas de l’idéal révolutionnaire. En 1918, Trotsky avait créé cette fonction dans l’armée rouge pour maintenir strictement la hiérarchie militaire sous la coupe des idéologues d’octobre rouge, prévenir les risques de dissidence et assurer directement la propagande communiste auprès des unités militaires.

Plus tard Staline les utilisa pour purger l’armée rouge des cadres jugés politiquement douteux. Mais l’esprit critique et la force de caractère qui incitent à la rébellion allant de pair avec la qualité des hommes, les purges eurent l’effet collatéral d’éliminer de nombreux officiers compétents que Staline dut rappeler de ses prisons quand l’armée rouge était en difficulté face au 3ième Reich à Stalingrad.

La 11ième élection présidentielle de la 5ième République aura été marquée par le retour en force d’une catégorie particulière de Commissaires. Ceux de la morale, petits soldats de la désinformation et de l’arnaque politique pour abattre François Fillon, le seul candidat – le pire est que tous les commentateurs sérieux, connaissant pourtant ses failles et ses fragilités, ont fini par l’admettre – ayant une stature, un programme, un discours, une maîtrise de soi et une tonalité de chef d’Etat.

Diffusant à jets continus une rengaine univoque sur l’air offusqué de la dignité et de l’honneur bafoués, tous les médias ou presque se sont faits les porteurs de valise d’une opération de communication à deux faces, strictement symétriques.

L’une destinée à promouvoir comme un « tube » de midinette à succès un jeune narcissique immature empêtré dans d’immenses contradictions personnelles et politiques, imbu de son succès médiatique fabriqué et dont l’absence de colonne vertébrale pourrait, s’il est élu, annoncer d’autres catastrophes à venir pour la France, déjà embourbée dans le déni.

L’autre ayant pour but d’éliminer un homme dont l’expérience politique nationale et internationale est infiniment plus riche que celle de n’importe quel autre candidat et qui, au bout d’une vie de service public, a décidé, droit dans ses bottes, il est vrai un peu trouées, de sortir le pays de l’anesthésie, de nommer les défis qui accablent les Français et de leur proposer un chemin pour extirper de leurs esprits la fatalité du déclin.

D’une part une nouvelle dose de stupéfiant ; de l’autre un réveil roboratif.

Mais rien n’aura été négligé pour enfoncer les Français dans la confusion et les culpabiliser par avance du « risque immense » qu’ils prendraient de placer à la tête du pays « un homme aussi indigne » tel que François Fillon. Harcèlement judiciaire, violation du secret de l’instruction, désinformation systématique, manipulation des images, embuscade télévisée organisée par David Pujadas et la télévision publique avec la complicité d’une virago pornographe échappée de l’entre soi « bobo » rejouant sans cesse « au nom du peuple » un nouvel acte factice de la terreur révolutionnaire.

Et, à, l’inverse, complaisance souriante à peine critique pour les contradictions du météore de la politique française, banquier d’affaires aux dents longues badigeonné à l’huile sympathique de la sociale démocratie, reconverti, comme par magie, à la sensibilité miséricordieuse pour la détresse populaire.

Quand François Fillon alerte sur l’état de nos banlieues, les commissaires de la morale crient au racisme porteur de guerre civile tout en attisant, par leurs démagogies multiculturelles, les incendies de la haine de la France. Quand, mettant en garde contre la faillite des comptes et la proximité inéluctable d’une déroute budgétaire, il suggère quelques économies, on hurle au loup et à la « purge », tout en proposant de creuser encore les déficits.

Quand le Sarthois parle de fierté française on le traite d’affreux nationaliste, au moment même où la classe des intellectuels « déconstructeurs » de la France, trouve toutes les indulgences au voyage à Alger de l’étoile filante, ayant craché en terre étrangère sur l’histoire du Vieux Pays à seule fin de racoler le vote des banlieues.

Cet acharnement se développe sans discontinuer grâce à quelques ferrailleurs et hommes de main qui organisent avec la presse les fuites de l’instruction des « affaires » de François Fillon, manipulent la justice au nom d’une vision idéologique de leur charge, à moins que ce ne soit par copinage de caste, tandis que la férocité opiniâtre du lynchage est encore attisée par des journalistes indignes et tourmenteurs incapables de s’extraire des poubelles où ils se sont eux-mêmes plongés, confits dans leurs incessantes leçons de morale.

En province, François Fillon rassemble chaque fois plusieurs milliers des Français enthousiastes dans des salles pleines à craquer, mais la télévision d’Etat et ses supplétifs repassent en boucle la dizaine de tapeurs de casseroles convoqués à l’entrée des meetings ; Pas un mot sur l’ambiance et la ferveur populaire. A l’inverse, filmant avec complaisance les prestations « télé-évangéliques » de l’apprenti gourou aux idées creuses et flottantes, jamais on insiste sur les sièges vides et les déçus qui, s’ennuyant des litanies ampoulées et creuses de Macron, s’éclipsent avant la fin.

Pire encore, la lèpre de l’autocensure sous l’œil vigilant des ayatollahs de la secte médiatique menace de se répandre comme une épidémie.

Le 4 avril, évoquant des risques juridiques de diffamation, (sic) LCI a retiré de son site internet l'émission «La Médiasphère» du 3 avril, très critique à l'égard de Marine Le Pen, mais surtout d'Emmanuel Macron. Comme s’il était inconvenant de trop critiquer le météore politique fabriqué par le parti socialiste, alors que depuis plus deux mois, François Fillon est victime d’un harcèlement qui bafoue à la fois la présomption d’innocence et le secret de l’instruction sans que jamais personne ne s’en offusque.

Quand à Strasbourg, François Fillon parle de la transmission des valeurs culturelles du pays oubliées par les intellectuels hors sols experts de la déconstruction de l’histoire de France et de sa culture propre, le hululement des hyènes médiatiques n’évoque que « l’enfarinage » ; tandis que le Monde, épicentre de la média sphère politiquement correcte allergique à l’évocation des racines, n’a évoqué que le deuxième sujet du candidat LR : l’Europe des Etats.

Mensonge par omission qui, dit Alain Finkelkraut, détruit tout espoir de débat politique sérieux puisqu’une partie des intellectuels adeptes de la table rase et du flottement liquide des situations semblent être devenus sourds aux sujets de l’appartenance, des racines, de la permanence et du temps long.

Mais puisqu’il est question de morale, parlons-en, tout en prenant soin de garder un œil sur l’état de la France, de l’Europe et du monde, sujets que les commissaires de la morale évoquent si mal et si peu tant ils ne parviennent pas à détacher leurs obsessions de la fange dans laquelle ils se complaisent.

Eclatement de l’Europe, menaces sur l’Euro, crises migratoires, montée de l’intégrisme islamiste, déclin de l’Occident, chaos à nos portes, en Afrique et au Moyen Orient, ébranlement de l’Amérique, retour à la guerre froide et conflits en Ukraine, impérialisme turc, unité britannique en question, risques de montée aux extrêmes en Syrie et en Corée du Nord et, par-dessus tout, en France, chômage record, déchirement irrémédiable du tissu national et prémisses de guerre urbaine.

Il faut être hypnotisé pour ne pas voir que nous sommes arrivés à une très dangereuse croisée des chemins, tandis qu’en amont de la présidentielle les ayatollahs de la vertu française, commissaires d’un nouveau genre, croyant que la politique est un linge immaculé, s’intéressent presque uniquement aux costumes de François Fillon et à l’emploi parlementaire de sa famille.
Pourtant, même Sarkozy, Alain Juppé, JP Raffarin, Gérard Larcher et Edouard Balladur en conviennent enfin, F Fillon est de très loin le meilleur, d’autant qu’on ne voit pas où serait l’extrême déshonneur à faire travailler ses proches, quand la honte et l’indignité sont non seulement entrées en force à l’Elysée en 2012, mais ont aussi été psychanalysées et décortiquées, secrets d'Etat compris, par deux journalistes spécialistes de la violation du secret de l'instruction.
Oui, puisque la morale est devenue le principal et indépassable critère présidentiel, il est difficile de trouver des symptômes plus probants de l’effondrement de la vertu politique, abimée dans les sombres marécages de l’indécision et du nombrilisme.

Décidément, ne pas voter François Fillon c’est manquer une occasion historique que les Français ne retrouveront pas de si tôt. Un homme de cette trempe, porteur d’un programme exhaustif et élaboré par l’expérience et la durée, capable de rester debout dans ses bottes abimées et, depuis plus de deux mois imperturbable sous une impitoyable mitraille, ne se trouve pas sous les sabots du premier cheval venu. En tous cas on n’en voit pas dans l’offre politique actuelle. / FT

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