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Association Unis Pour la France (UPF)

DIDI

5 Octobre 2017 , Rédigé par Frances

DIS DONC, C’EST QUI DIDI ?

Pour booster son arrivée en France, la plateforme chinoise Didi prévoit un mois de tarifs sacrifiés et des commissions moindres pour les chauffeurs. Uber, le numéro 1 du secteur, pourrait se faire détrôner.
Ça va bouger chez les VTC ! Le géant chinois Didi, spécialiste du secteur, arrive en France et ne devrait pas prendre un rôle de figurant. L'ambition est affichée : devenir numéro 1 en Europe. Et Didi a des arguments : c'est la 2e start-up la plus chère du monde, juste derrière... Uber. Leur force de frappe leur avait permis de chasser Uber de Chine.

Depuis, ils ont investi une petite plateforme estonienne, qui s'appelle Taxify et qui sera lancée officiellement ce mardi matin dans l'Hexagone. Pour son démarrage, le groupe chinois va frapper fort avec une casse des prix : pendant un mois, les courses seront 50% moins chères que chez Uber. L'objectif, à long terme sera bien de briser ce quasi monopole. Markus Villig, 23 ans, l'un des trois co-fondateurs de Taxify, l'explique : "Ce marché parisien est dominé par une entreprise américaine et on voit que ce n'est bon pour personne. Il doit y avoir des alternatives. Nous sommes venus ici puisque près de 5.000 chauffeurs sont prêts à travailler avec nous. C'est donc un signal fort que nous sommes attendus."

Uber a du souci à se faire. Uber a du souci à se faire. La plateforme américaine de VTC cumule déjà les difficultés depuis plusieurs mois : polémiques autour de la figure controversée de son fondateur américain, Travis Kalanick, mouvement de grève en France d'une partie de ses chauffeurs qui déchantent et peinent à gagner leur vie. Malgré une récente campagne de communication massive en forme de mea culpa, le coup le plus rude pourrait être porté par la concurrence.

Casse des prix. Ce que Taxify a bien compris, c'est que dans le secteur des VTC, le nerf de la guerre, ce sont les chauffeurs. Le nouveau venu compte bien surfer sur la grève de décembre en proposant des conditions plus avantageuses. En outre, la commission sera plus faible sur chaque course. Un argument qui a convaincu Nabil : "Je suis allé à leur formation, ils m'ont dit que tout était comme les autres plateformes sauf qu'ils prennent 15% par course et pas 25% comme Uber, donc je vais là où on me prend le moins de commission", lance-t-il, pragmatique. Le gain pour les chauffeurs pourrait être de 200 à 300 euros par mois, au moins au début, mais ils pourraient aussi réaliser des économies sur la location du véhicule. A 600 euros par mois, c'est presque deux fois moins cher que la concurrence.

Attirer les chauffeurs. Avec un peu de temps, cette stratégie pourrait suffire à convaincre les chauffeurs de quitter l'appli numéro 1. Si Uber connaissait dans les mois qui viennent un exode massif de chauffeurs, c'est leur modèle économique qui serait en péril, explique Grégoire Leclercq, co-fondateur de l'Observatoire de l'ubérisation : "Uber va être fragilisé. Le point sensible, c'est d'avoir suffisamment de chauffeurs pour répondre à la demande mais le marché n'est pas extensible à l'infini." Chez Uber, officiellement, aucun commentaire n'a filtré sur l'arrivée d'un concurrent. Mais le service américain a besoin de redorer son image. Une grande campagne de communication vient d'ailleurs d'être lancée, à destination des clients mais aussi des chauffeurs, notamment pour accompagner ceux qui sont en difficulté financière.
Et nous européens, on fait quoi ?
Pas de start up, mais plutôt des start down.
À Paris, on promène les touristes en pousse-pousse.

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